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Mais où va cette société, comment peut-on redonner de l’espoir à nos concitoyens ?

Ces deux questions qui nous sont posées. Après avoir fait croire qu’il suffisait de travailler plus pour gagner plus, le discours a un peu changé, il faudrait travailler mieux pour gagner plus. Mais que nous racontent les politiques qui nous dirigent aujourd’hui. Ce que veulent les Hommes et les Femmes de notre pays, c’est simple: ils veulent tout simplement travailler. L’article 21 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen proclame le droit à tout citoyen d’avoir un travail.

Notre Union Départementale UNSA Paris vient d’organiser deux jours de formation destinée à des seniors demandeurs d’emploi. Nous les avions rencontrés lors d’un forum organisé par la ville de Paris, la région Ile-de-France et pôle emploi qui a eu lieu courant décembre; 120 entreprises de différents secteurs d’activité étaient présentes à cet événement pour leur proposer environ 2000 offres d’emplois diversifiés. Ils ont été des milliers à venir de toute l’Île-de-France avec un espoir. Seulement, système de consommation oblige, beaucoup trop de stands étaient là pour leur proposer d’acheter des offres de formation, du coaching, du portage, des bilans de compétences… Peu en réalité avaient à leur proposer de vrais emplois pérennes.

Nous avons passé notre journée à les écouter, à essayer de répondre à leurs questions, à essayer de vérifier que leurs droits avaient bien été respectés.

Depuis, 20 d’entre eux ont passé deux jours en notre compagnie les 7 et 8 février. Nous avons modestement essayé de leur donner quelques clés leur permettant de mieux réussir les entretiens d’embauche, de mieux s’orienter, ou encore de les guider sur Internet sur les sites d’offres d’emploi. C’était peu en comparaison de l’immensité du travail qui reste à faire pour que des ex-salariés retrouvent une dignité, mais c’était beaucoup pour leur faire relever la tête et qu’ils retrouvent confiance en eux et une petite lueur d’espoir d’un avenir meilleur.

Ils sont des millions en rupture avec le monde du travail et beaucoup trop sont en phase d’exclusion. Merci à ces vingt demandeurs d’emploi de nous avoir rappelé que notre combat de syndicalistes ne s’arrête pas aux portes des entreprises. Nous efforcerons de renouveler cette expérience.

Notre priorité de syndicalistes reste l’entreprise où la vie n’est pas non plus facile. Peu de moyens pour les organisations syndicales, des tentatives de reprise d’acquis sociaux, un taux de syndicalisation trop bas, des conditions de travail qui se dégradent, des réorganisations en pagaille, des délocalisations qui continuent, et des revendications concernant l’emploi des jeunes et des seniors non abouties.

Nous n’avons pas d’autre choix que d’être à l’écoute, d’être des forces de propositions et d’être sur tous les fronts. Il faut convaincre le plus grand nombre de citoyens que nous ne pouvons pas laisser des humains sur le bas-côté de la route, que la personne humaine ne peut pas être la grande perdante des évolutions actuelles. Nous sommes dans une période d’urgence sociale. Nous devons partager le travail, et changer la répartition des gains de productivité et faire stopper la libéralisation à outrance. La part des salaires diminue dans le PIB. Les marchés financiers continuent à se porter de manière radieuse. Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d’économie, dans « le triomphe de la cupidité » dénonce l’accroissement des marchés financiers, qui accélère  l’accroissement du chômage, de la précarité et des inégalités. Il n’est pas supportable que plus de la moitié de celles et ceux qui quittent pôle emploi ne retrouvent pas de travail. Les CDD de moins de 1 mois représentent plus de 60 % des embauches. La précarisation devient le lot quotidien de tous.

Il n’y a pas de fatalité, il faut agir pour stopper une société malade et pour reconstruire une société plus solidaire. Il y a des solutions, il faut remettre à plat les fondements d’une économie et d’un système économique qui conduisent à l’échec si nous ne voulons pas aller à une explosion légitime de tous celles et de tous ceux qui souffrent et qui n’ont plus rien à perdre. L’acte de se syndiquer est un premier rempart pour se donner les moyens collectivement d’agir pour construire une société plus sûre, plus juste et plus belle.

Rejoignez l’UNSA et faites adhérer autour de vous tous ceux et toutes celles

qui veulent que l’humain reprenne toute la place qui lui revient dans notre société.